Marie-Josée Berger fait partie de la première cohorte d’étudiants de l’Université du Québec à Montréal (Uqam), en 1969.

Une carrière étincelante. Marie-Josée Berger a cheminé dans les plus prestigieuses universités au Canada, ces cinq dernières décennies. À l’Uqam, son alma mater, elle a même créé la « Bourse Marie-Josée Berger, d’une valeur de 2 000 dollars […] remise tous les deux ans à un étudiant inscrit à temps complet à la maîtrise de la Faculté des sciences de l’éducation », peut-on lire sur le site de l’établissement.

Cette dame vient d’être appointée au poste de vice-rectrice aux études à l’université Laurentienne, en Ontario. Son mandat début le 1er août et s’étend sur une période renouvelable de cinq ans.

« Je vais apporter l’éducation franco-ontarienne que je connais très bien, mes expériences personnelles […] au niveau de la recherche, de l’enseignement […] », a-t-elle déclaré, à Radio Canada, le 6 juillet.

Lire aussi: Une Haïtienne d’origine nommée à un poste important à Radio-Canada

Native des Cayes (Sud d’Haïti), madame Berger a débarqué au Canada en 1969, encouragée par des sœurs canadiennes en charge à l’Institution du Sacré-Cœur de Turgeau, raconte-t-elle.

« En Haïti, j’ai étudié chez les religieuses canadiennes qui encourageaient la poursuite des études à l’international », explique-t-elle. Elle a fait son baccalauréat en études anglaises, mais c’est dans la filière de l’éducation qu’elle a consacré l’essentiel de sa carrière.

« Après vingt-huit ans d’enseignement au Nouveau-Brunswick et en Ontario, elle a dirigé, pendant près de cinq ans, un centre de recherche à l’Université de Toronto avant de devenir doyenne de la Faculté d’éducation à l’Université d’Ottawa pendant dix ans », lit-on sur le site de l’Uqam.

 « Candidate idéale »

La nomination de madame Berger à ce poste a été vite saluée par ses pairs. « Mme Berger apporte une immense expérience à notre établissement et nous sommes chanceux qu’elle guidera notre mission en matière d’enseignement […] Elle est la candidate idéale […] », déclare Robert Haché, recteur et vice-chancelier de l’université Laurentienne, dans un texte paru sur le site de l’université Laurentienne.

« La profonde expérience en leadership de Mme Berger, tant en théorie qu’en pratique, est ce qui m’a impressionné le plus. Je me réjouis des perspectives qu’elle apportera en ce qui concerne notre mandat triculturel et travaillerai avec plaisir avec elle pour faire avancer l’enseignement autochtone à l’Université Laurentienne », commente pour sa part Shelly Moore-Frapper, vice-rectrice associée intérimaire à l’enseignement et aux programmes autochtones.

Lire aussi: USA: Claudine Gay, Haïtienne d’origine, nommée Doyenne à Harvard

En amour avec Haïti

Marie-Josée Berger n’a pas perdu de vue Haïti, sa présence s’est même renforcée dans le milieu académique après le séisme de 2010. Sa dernière expérience remonte à décembre 2019 où elle a participé à un colloque sur la littératie.

« Je m’intéresse beaucoup à l’évolution de la littéraire en Haïti. J’ai participé en 2019 au colloque national sur l’enseignement et l’apprentissage de la littératie organisé par USAID-LAC Reads/Université Quisqueya. Le titre de ma présentation : Apprendre à lire à l’indicatif des littératies multiples. La revue Haïti Perspectives vient de publier un de mes articles intitulé « Embranchements pour apprendre à lire en créole et en français à l’école haïtienne », fait-elle savoir au quotidien Le Nouvelliste.

Elle a publié et dirigé plusieurs ouvrages, dont les collectifs Issues of Diversity, Inclusion and Beliefs (La Périchole, 2008) et Les Littératies (Presses de l’Université d’Ottawa, 2007), L’Évaluation de la littératie (Les Presses de l’Université d’Ottawa, 2011). 

Elle a joué un rôle majeur dans la refonte du curriculum en Ontario.